Saison des prix littéraires, saison des cadeaux:au moins deux bonnes raisons d'acheter des livres.
Voici donc une (petite) sélection mais il y a de nombreux autres titres dot nous aimerions vous parler lors de votre passage au bateau livre.

Les prix littéraires que nous avons aimés Prix Goncourt: Chanson douce de Leila Slimani. Nous avions déjà aimé son précédent et premier roman: "Dans le jardin de l'ogre" et elle confirme son talent avec ce Goncourt mérité et bien plus accessible que celui de l'an passé.
Prix Fémina: Le garçon de Marcus Malte. Les jurées du prix Fémina pensaient que c'était un premier roman (!!!) alors qu'il était déjà connu pour avoir écrit, entre autres: "garden of love". Le garçon" est l'histoire d'un jeune homme mutique qui traverse la 1ère moitié du XXème siècle porté par une écriture flamboyante.
Prix Goncourt des lycéens: Petit pays de Gaël Faye: L'histoire tragique du Rwanda et du Burundi vu par un enfant. Un premier roman bouleversant.
Prix interallié: Repose toi sur moi de Serge Joncour.
Les étoiles s'éteignent à l'aube, Richard Wagamese (Zoé 20€)

Francklin est indien. Il vit à l'écart de la ville avec "le vieil homme", celui qui l'élève depuis toujours. Il a tout juste 16 ans lorsque son père, ravagé par l'alcool lui demande de venir à son chevet et de l'emmener au coeur de la montagne, là où on enterre les guerriers...
Un roman sur la transmission et sur la paternité. Qui est le vrai père? Celui qui a conçu ou celui qui a élevé?
Beauté puissante et sauvage du grand nord canadien, complexité des vies, écriture poétique, ce livre est un véritable bijou.
En attendant Bojangles, Olivier Bourdeault (Finitude 15,50€)
Il y a des jours où c'est un vrai bonheur d'être libraire et de découvrir un tel roman. Bon depuis, nous ne sommes pas les seuls à l'avoir repéré...
"En attendant Bojangles" est le récit d'un amour fou. Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur "Mr Bojangles" de Nina Simone. Leur amour est magique, unique, vertigineux. Chez eux, il n'y a de place que pour le plaisir, la fantaisie, la fête perpétuelle. Celle qui donne le ton, c'est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C'est elle qui n'a de cesse de entrainer dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin et père et fils feront tout éviter le pire, pour que la fête continue coûte que coûte.
Un premier roman étourdissant et flamboyant qu'il faut absolument lire!
Dulmaa, Hubert François (Thierry Marchaisse 19€)
Après la mort de son père, Elisa retourne en Mongolie pour retrouver sa mère qui les a abandonnés lorsqu'elle était enfant, sans un mot d'explication pour retourner dans son pays natal. Sa quête mènera Elisa aux confins d'un monde où chacun doit composer sans cesse avec les anciens, les rites et les esprits. Elle n'y survivra qu'avec l'aide d'Ovoo, son grand père aux mille ruses.
Ce roman est une plongée dans une culture radicalement différente de la nôtre, un voyage dépaysant et initiatique avec l'eternel questionnement de l'abandon d'une mère et de la recherche de ses origines.
Mauvais coûts , Jacky Schwartzmann (La fosse aux ours 17)

Autant le dire tout de suite, ce roman ne plaira pas à tout le monde. En effet, comment s'identifier à ce Gaby Aspinall cynique et misanthrope, acheteur dans une multinationale dont il concurence sans peine l'amoralité. Il se définit lui même comme un vrai salopard et déteste en vrac, les syndicats, Nespresso, Alain Souchon, le rugby, ce sport de gros con...
Ce parfait salaud a pourtant au fond de lui de terribles failles qui lui redonnet un peu d'humanité et le rendent attachant...
On rit beaucoup en lisant ce court roman!
Continuer, Laurent Mauvignier (Minuit 17€)
Sibylle, à qui la jeunesse promettait un avenir brillant, a vu sa vie se défaire sous ses yeux. Coment en est-elle arrivée là? Si elle pense avoir tout raté jusqu'à aujourd'hui, elle est décidée à empêcher son fils, Samuel, de sombrer sans rien tenter. Elle a ce projet fou de partir plusieurs mois avec lui à cheval dans les montagnes du Kirghizistan, afin de sauver ce fils qu'elle perd chaque jour davantage, et pour retrouver le fil de sa propre histoire.Roman d'aventure, roman d'initiation...en tout cas coups de coeur de cette rentrée littéraire. Laurent Mauvignier nous parle de la complexité des êtres, de la relation aux autres et au monde avec toujours autant de sensibilité et d'humanité.

Un Paquebot dans les arbres, Valentine Goby (Actes Sud 19.80€)
Au milieu des années 50, Mathilde sort à peine de l'enfance quand la tuberculose envoie son père et, plus tard, sa mère au sanatorium d'Aincourt. Cafetiers de La Roche-Guyon, ils ont été le coeur battant de ce village des boucles de la Seine. En ce début des Trentes Glorieuses, la Sécurité Sociale protège presque exclusivement les salariés et la pénicilline ne fait pas de miracle pour ceux qui tardent à solliciter la médecine.
Mathilde va lutter sans relâche pour réunir cette famille en détresse et préserver la dignité de ses parents, retirés dans ce sanatorium, ce grand paquebot blanc niché au milieu des arbres.
Autre belle surprise de cette rentrée...Valentine Goby nous parle d'émancipation des corps, de soif de liberté, de force de vie face à l'adversité, de générosité, ce avec une écriture sobre mais vibrante.Bouleversant!

Romans policiers
Les salauds devront payer Emmanuel Grand (Liana Levi 20€)
Emmanuel Grand nous avait surpris avec son premier roman "terminus Belz". Il récidive avec ce nouveau polar qui, cette fois, se passe dans le nord à Wollaing, une petite ville minée par le chômage. Les usines ont toutes fermé leurs portes et les habitants sont souvent contraints de frapper à la porte de prêteurs véreux pour boucler leurs fins de mois. Aussi, quand le corps de la jeune Pauline est retrouvé dans un terrain vague, tout accuse ses usuriers sans scrupules aux méthodes parfois violentes pour se faire rembourser. Mais la vie n'est pas aussi simple et le commandant de police Erik Buchmeyer, sait qu'il faut souvent suivre la petite idée qui vous taraude...
Un polar addictif!
 
Bandes dessinées

Les voyages d'Ulysse E. Lepage, S. Michel et R. Follet (D. Maghen 29 €)

Magnifique allégorie sur le thème d'Ulysse, ce nouveau livre d'Emmanuel Lepage est un livre d'art qui nous transporte au 19ème siècle.
Ulysse est symbolisé par Salomé, capitaine de l'Odysseus qui sillonne la Méditerranée à la recherche des traces d'un bonheur disparu. Sa quête: les oeuvres d'un certain Ammôn Kasacz, peintre mystérieux qu'elle a connu lorsqu'elle était enfant. Elle croise la route de Jules Toulet,un peintre obsédé par une figure féminine disparue. Ils vont conjuguer leurs quêtes respectives pour aboutir.
Chaque case de cet album est un tableau et on se demande si c'est encore un album ou une exposition.

La présidente , François Durpaire et Farid Boudjellal (Les arènes 20€)

Dans cet album, nous sommes loin de l'allégorie. Nous sommes plutôt dans le cauchemar. Nous sommes en 2017, et pour une poignée de voix, Marie Le Pen est élue présidente de la République... Exercice de politique fiction parfaitement mené par François Durpaire, universitaire, historien, et très bien soutenu par le dessin en noir et blanc de Farid Boudjellal. On assiste à l'installation de M. Le Pen, à la formation (très réaliste) de son gouvernement et à la mise en application du programme du front national.
On ne pensait pas que le Brexit puisse passer, que Trump pouvait être élu, et si...
Albums jeunesse
Mon amour . Astrid Desbordes et Pauline Martin (Albin Michel 9.90€)
- Dis maman, est-ce que tu m'aimeras toute la vie? demande Archibald à sa maman.
- Et bien je vais te dire un secret...
Ainsi commence le tendre inventaire des moments de vie partagés entre une mère et son enfant. Sur chaque double page, Astrid Desbordes a choisi d'opposer en vis à vis des situations contraires qui jouent sur les registres du quotidien et de l'imaginaire. Le message de cet album est simple: l'amour filial est constant et sans condition. Mais c'est dans la toute dernière phrase que se cache le véritable secret: "Je t'aime parce que tu es mon enfant, mais que tu ne seras jamais à moi".
Je veux enlever la nuit, Hélène Gaudy et Simone Réa (Cambourakis 14€)

Oscar n'aime pas la nuit. Il préfère jouer, courir, dessiner mais surtout pas dormir. Alors patiemment, sa maman, qui elle, aimerait bien dormir, lui explique la richesse que recèle l'obscurité pour peu qu'on laisse vagabonder son imagination: la lumière éteinte, le noir s'allume et l'enfant s'endort dans la douceur de ses mille nuances, du noir un peu bleu au noir tout chaud ou lumineux.
Un album d'une grande tendresse sur le thème des endormissements difficiles, servi par les illustrations subtiles et feutrées de Simone Réa et la plume délicate d'Hélène Gaudy.
Romans jeunesse
De la part du diable, Aina BASSO (Thierry Magnier 14,80€)
Dorothé, fille de bonne famille vient d'avoir 16 ans. Elle est contrainte de faire un "bon mariage" avec celui qu'elle surnomme "l'homme grave" et de s'expatrier dans le comté du Finmark, tout au nord de la Norvège pour suivre son mari, procureur, qui instruit des procès en sorcellerie. Elen est la seule fille d'un ribambelle d'enfants conçus de pères différents, qui mène une vie très libre auprès de sa mère et de son petit frère handicapé mental. Bien sûr leurs destins vont se croiser...
A travers le destin de ces deux jeunes filles que tout semble opposer, Anna Basso nous offre à la fois un roman historique, une histoire fantastique et le récit d'une entrée brutale dans l'âge adulte. Un roman fascinant porté par une magnifique écriture.
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